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Fidel CASTRO passe le flambeau ou l’anachronisme vivant.

Fidel passe le flambeau. Cet « anachronisme vivant » tire sa révérence à 81 ans. Les médias se « lâchent » et peuvent parler de la fin du Tyran.

 Cet assassin sanguinaire, 7ème fortune mondiale d’après Forbes, ne dirigera plus l’île après 49 ans de pouvoir dictatorial. On peut espérer que, enfin le gouvernement transitoire mette un terme à dictature cubaine. Les cubains vont enfin pouvoir gouter à la démocratie et à la liberté. Les dirigeants occidentaux se réjouissent de cette décision, que se soit pour Fillon, Jouyet ou le PS ou même Bruxelles qui espère voir, par cet acte, une avancé démocratique et la mise en place du pluralisme. Nous pouvons imaginer ou disons ressentir, grâce à nos médias français, la joie des opposants cubains et bien sur l’espoir que suscite la décision du dictateur. Washington aussi a accueilli avec plaisir la fin du règne sanguinolent de Fidel Castro – eux qui n’ont jamais réussi à l’assassiner malgré plusieurs centaines de tentatives – et ce malgré que le pouvoir revienne à Raúl Castro – le frère du monstre. La fin du castrisme n’est pas tout à fait à l’ordre du jour, et, comme le dit si bien dans son édito Pierre Rousselin, « les Cubains sont encore loin de connaître des lendemains qui chantent ». C’est pour cela que l’opposition cubaine réclame une accélération du processus de transition et que Washington maintien son embargo contre le « goulag tropical ». Mais Georges W. Bush avertit, il ne va pas falloir se tromper et ne pas privilégier la stabilité à la démocratie. Un espoir est en train de naître…

Malgré ce jour de demi-fête quelques questions se posent :

- Qu’est-ce que les journalistes appellent l’opposition cubaine ?

- Qu’est-ce que nos différent dirigeants, ministres, etc. appellent « démocratie » ?De plus si nous parlons de démocratie nous nous devons de nous demander si le régime cubain est bien une dictature ?

- La fin annoncée de la « dictature » castriste signifie-t-elle la fin de la révolution cubaine ? ou dit autrement, la révolution cubaine n’existe que parce que par le charisme de Fidel, que parce qu’il détient le pouvoir ?

Se poser ces 3 questions c’est déjà vouloir comprendre la problématique cubaine et ne pas se satisfaire du traitement médiatique et politique que nous connaissons et subissons. Ce sujet nécessite bien sur plus de 3 questions mais cela permet, à mon avis de (se) donner une 1ère approche – approche (pourtant) journalistiquement « utilisable ».

Je me dois d’écrire quelques éléments de réponse :

L’opposition cubaine. Il suffit de lire ou écouter/regarder correctement – j’avoue ne pas vraiment connaître les journaux télé mais j’imagine très bien le traitement journalistique réservé à Cuba – pour s’apercevoir que ces exilés vivent à Miami – Aucun opposant ne vit à Cuba ? Miami, Fief de l’extrême droite cubaine, nostalgique de l’ancien dictateur Fulgencio Batista et financé en grande parti par Washington. Ce sont des groupes d’opposition lié à de grands terroristes tels que Luis Posada Carriles. Ne pourrait-on pas avoir l’avis d’une opposition cubaine qui ne soit pas à la solde des États-Unis, et vivant à Cuba ? De même connaître les réactions, l’avis de cubains ? comment pourrait-on croire que tous les cubains veulent la mort de leur révolution ?
[Les faits avancés ici sont bien sur avérés et pour qui veut approfondir le sujet je vous conseille vivement la lecture d’un des spécialistes français sur Cuba, Salim Lamrani]

Réfléchir à la notion de démocratie est très intéressant mais peut être très long. Pour ce qui est de nos dirigeants occidentaux nous devinons très bien ce qui se cache derrière ce terme, ils n’attendent que la mise en place d’une « démocratie de marché », n’en doutons point. Néanmoins il est très intéressant de nous demander ce que signifie la démocratie. Quels principes pouvons-nous accoler à ce terme ? La démocratie est elle une notion figé ou au contraire en perpétuel mouvement, dépendant de l’époque et du lieu ? Parler de démocratie platonicienne revient-il à parler de démocratie française ?
[Vous pouvez lire le texte de Lázaro Barredo Medina « ¿De cuál democracia estamos hablando? »]

Enfin, que ce soit les différents dirigeants ou les (pseudo-)journalistes, tous semblent convaincus que la « mort politique » de Fidel en dépit de sa vrai mort, mettra un terme à sa soit disant dictature. Mais c’est oublié que la révolution fut cubaine et non castriste. Ce sont les même qui traitaient Cuba de satellite soviétique et qui ont prédit la chute du régime communiste lors de l’effondrement de l’Union Soviétique. Pourtant, et malgré le renforcement du blocus, Cuba est toujours debout. Les cubains peuvent-être fiers. Fiers d’êtres toujours debout malgré les nombreuses pressions économiques, les attentats qu’ils subissent. Fiers de résister depuis près de 50 ans à la 1ère puissance mondiale – et de leurs collabos que sont les autres pays occidentaux, Europe en tête. Fiers de pouvoir proposer malgré tout cela un système de santé et d’éducation gratuit et de haute qualité.
[Vous pouvez lire le texte de Lázaro Barredo Medina « ¿Cuál es la transición? ¿Perder la identidad? »]

El commandante Fidel Castro n’a fait que ce qu’il n’a toujours dit : « le jour où je n’aurais plus la capacité de gouverner je quitterai le pouvoir. ». C’est chose faite. La révolution, elle, suit son cours.


« Chaque année 80’000 enfants meurent victimes de maladies curables, aucun d’eux n’est cubain »
« Cette nuit 200 millions d’enfants dormiront dans les rues du monde. Aucun d’eux n’est cubain »

Par sociomasques le 11 mai, 2008 dans Non classé

  1. Cette question de démocratie me fait penser à autre chose…
    Vous connaissez peut-être ce que Macpherson appelle l’individualisme possessif occidental .
    Selon lui, à partir du XVIIe siècle se serait affirmée l’idée d’un individualisme conçu comme affirmation d’une propriété – ce qui devait être le fondement de la théorie libérale et donc du libéralisme démocratique contemporain. Macpherson démontre comment à partir de cette époque « l’individu n’est conçu ni comme un tout moral, ni comme la partie d’un tout social qui le dépasse, mais comme son propre propriétaire. [...] Dans cette perspective, la société se réduit à un ensemble d’individus libres et égaux, liés les uns aux autres en tant que propriétaires de leurs capacités et de ce que l’exercice de celles-ci leur a permis d’acquérir, bref, à des rapports d’échange entre propriétaires.
    Quant à la société politique, elle n’est qu’un artifice destiné à protéger cette propriété et à maintenir l’ordre dans les rapports d’échange » . Ce capitalisme / individualisme se fonde sur un système d’échange qui réifie et commercialise toute valeur, y compris la valeur identitaire, mais il est aussi une forme de collectivisme, car cette logique « revient à affirmer qu’un individu ne peut s’accomplir pleinement que s’il accumule des biens, et, par conséquent, que seuls certains individus peuvent le faire, et seulement aux dépens de l’individualité des autres. Pour qu’une telle société puisse fonctionner, il faut que l’autorité politique possède sur tous les individus un pouvoir absolu » . Un collectivisme donc qui prévoit un État absolu – analyse d’une inquiétante justesse dans notre époque où le capitalisme semble s’être installé dans tous les domaines, y compris celui de l’art et de la culture…

    Commentaire by 100cultures — 15 mai, 2008 @ 14:22

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