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LETTRE DES SOCIOLOGUES MASQUES AUX SOCIOLOGUES DU MIRAIL

Avertissements : La lettre que nous présentons ici, est une lettre que nous – sociologues masqués- avons envoyé aux sociologues de l’université du Mirail de Toulouse, lorsque nous étions encore étudiant. Notre objectif etait d’exprimer notre incompréhension quant à la place accordée à la sociologie critique dans les programmes d’enseignement.

Il parait tout de même étrange d’être arrivé en Master I et n’avoir simplement survolé – et pour certains ne pas avoir était informé – de la « nouvelle » sociologie critique. Il est vrai que les années universitaires sont limitées d’un point de vue temporel et le travail de découverte, de compréhension et d’assimilation de l’héritage de la sociologie classique est long de part sa richesse qualitative et quantitative ; du positivisme de Comte à la sociologie holiste de Durkheim en passant par l’approche compréhensive de Weber.  Le but de cette lettre est simple : nous ne comprenons pas pourquoi la sociologie critique est reléguée à une période socio-historico-politique antérieure et qualifiée de courant intellectuel dépassé ? Hormis l’étude de l’école de Francfort, de la sociologie marxiste et de la philosophie critique de Foucault, il ne nous a pas été donné l’occasion d’entrevoir la réactualisation et la mobilisation de ces outils et de ces concepts par des sociologues s’inscrivant dans la continuité de ces approches critiques. En revanche les occasions d’étudier les divers courants s’inscrivant en rupture avec la sociologie critique, se sont multipliées à plusieurs reprises. En effet nous avons étudié de nombreux auteurs durant notre cycle universitaire, et particulièrement en M1, dont les travaux ont uniquement pour but de travailler sur les limites de ces paradigmes afin de les dépasser, non pas dans l’objectif de les renforcer, mais de les remettre en cause – ou pourrions nous dire de les discréditer.  Ne peut-on pas qualifier d’acharnement intellectuel la manière avec laquelle ces auteurs ont été utilisés ; pour remettre en question, d’un point de vue épi-stémo-logique et théorique, la scientificité, voir même l’objectivité du travail sociologique d’un Pierre Bourdieu. La sociologie critique s’inscrit pour nous dans une remise en cause de tout objet observé et observable dans le but de mieux dé-construire le discours de la doxa, l’ordre dominant.  « Le sociologue est quelqu’un qui fait des recherches pour armer la critique de la domination avec les outils de la science », dixit Laurent Bonelli. Nous appelons ici à utiliser la critique pour étudier le monde social environnant. Durkheim nous a appris à écarter les prénotions ; à nous de remettre en cause notre mode de pensée, nos structures cognitives et institutionnelles. C’est ce qui nous parait évident et fondamentalement nécessaire de faire en cette période socio-politico-économique marquée par une privation des libertés individuelles, une censure sur toutes formes de réflexion intellectuelle, une volonté d’uniformisation de la pensée, la dichotomisation de tout phénomène sociale en deux camp : le bien et le mal, et plus grave encore l’exacerbation de toute forme de différences : ethnique,  religieuse, politique,….  Notre but n’est pas de décrédibiliser le courant post-constructiviste, voir post-structuraliste, mais nous pensons qu’il serait juste et légitime d’offrir aux étudiantEs TOUS les outils sociologiques nécessaires, pour faire preuve de réflexivité, pour re-penser le social ; et peut être permettre à la sociologie de re-panser le social. C’est pour cela que nous vous soumettons, sans aucune prétention, ni défi intellectuel, ni même sans aucune volonté d’instaurer entre les enseignantEs de l’UFR de sociologie et ses étudiantEs un rapport de force – ou devrons nous dire d’un rapport de justice - une liste de quelques sociologues et intellectuels actuels que l’on peut inscrire dans le courant critique : L. Wacquant, L. Bonelli, AM. Marchetti, S. Bouamama, A. Accardo, P. Corcuff, S.Halimi, P.Aries, P. Tévanian… Evidemment nous ne nous considérons pas comme des sociologues mais des étudiants frustrés et déçus de l’orientation de leur discipline, étudiants non pas utopistes mais optimistes de voir renaître rapidement la sociologie critique permettant d’aller à l’encontre du conformisme actuel. Nous avons choisi l’anonymat car nous pensons que les noms n’importent que peu, que cela ne sert qu’à mettre un visage sur un texte – et éventuellement une appréciation sur un mémoire. Les Sociologues Masqués 

Par sociomasques le 28 août, 2008 dans sociologie

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