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A propos des sabotages…



Parlons un peu de l’actualité.

Il y a quelques jours la SNCF a subi des sabotages. 10 personnes, qualifiées « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » dixit Alliot-Marie, ont été arrêtées alors même que les preuves manquent…
Nous pouvons émettre plusieurs remarques sur ce sujet :

Nous avons pu constater que la quasi-totalité des syndicats et groupes politiques ont condamné les agissements, pas un mot sur les personnes arrêtées, il semblerait que la présomption d’innocence ne soit pas leur fort…. Seuls des groupes comme la Fédération Anarchiste ou la CNT (des anars…) ont apporté leurs soutiens aux personnes arrêtées. Que font les autres anti-capitalistes – ceux qui aiment fleureter avec le pouvoir ? Ils condamnent le sabotage sans aucune prise de recul, sans aucune réflexion.

Il est quand même dommage qu’un parti comme la LCR déclare que « les actes de sabotage ne sont pas et ne seront jamais les nôtres » ou que SUD-RAIL parle de « terrorisme ». Dommage oui. Affirmation d’ordre sentimental inspirée de la morale des exploiteurs. Il semblerait que ces groupes aient oublié de regarder le passé, en particulier Emile Pouget qui fut secrétaire adjoint de la CGT de 1901 à 1908. Lui et son fameux « À mauvaise paye mauvais travail ! » qui appelait à des actions de sabotage comme moyen de lutte. C’est ce qu’on nomme un révolutionnaire…. Nous devrions nous demander pourquoi cet outil ait été mis de côté par les syndicats ? Il est vrai que Jaurès répugnait cette méthode…
Néanmoins SUD-RAIL, qui s’est réjouit que parmi les personnes arrêtées aucune n’est cheminot, devrait se rappeler que « 
c’est en 1895 que, pour la première fois, en France, nous trouvons trace d’une manifestation théorique et consciente du sabotage : Le Syndicat National des Chemins de Fer menait alors campagne contre un projet de loi – le projet Merlin-Trarieux- qui visait à interdire aux cheminots le droit au syndicat. La question de répondre au vote de cette loi par la grève générale se posa et, à ce propos, Guérard, secrétaire du syndicat, et à ce titre délégué au Congrès de l’Union fédérative du centre (parti Allemaniste) prononça un discours catégorique et précis. Il affirma que les cheminots ne reculeraient devant aucun moyen pour défendre la liberté syndicale et qu’ils sauraient, au besoin, rendre la grève effective par des procédés à eux ; il fit allusion à un moyen ingénieux et peu coûteux : « … avec deux sous d’une certaine manière, utilisée à bon escient, déclara-t-il, il nous est possible de mettre une locomotive dans l’impossibilité de fonctionner… »[1]. Dommage que la mémoire soit défaillante chez les « anti-capitalistes »…

Ce que nous pouvons constater aussi, est le sort médiatique qui advient à ces autonomes. A supposer que tous sont des autonomes, pourquoi alors leur désigner un chef. Les journalistes ne pourraient-ils pas un temps soit peu faire leur boulot et se renseigner sur ce qui est nommée la mouvance autonome !? Les autonomes ne peuvent avoir de chef de part leur refus de la domination, du pouvoir délégué, le pouvoir est collectif ou n’est pas! Est-il si difficile d’imaginer un monde sans chef ! Oui des gens croient en une totale égalité, et refusent la hiérarchisation verticale et défendent une position horizontale… Donc non je doute fortement (connaissant surement plus que les journalistes les écrits de leur présupposé chef Julien Coupat) qu’il y ait un chef dans ce groupe. Pour info Coupat est l’un des fondateurs de la revue Tiqqun, revue qui puise son inspiration dans le situationnisme et le lettrisme. Tiqqun est l’organe conscient du parti imaginaire. Une référence dans les milieux anarchistes, tout comme l’ouvrage écrit par le comité invisible (dont deux des personnes arrêtées « seraient » membres) « l’insurrection qui vient »[2] aux éditions La Fabrique qui connaît aujourd’hui la meilleure des publicités[3]. Et qui contrairement à ce que prétendent les médias, la police, le procureur, etc. ce « bréviaire anarchiste », n’a rien d’être un « manuel de (la) révolution », ce n’en est tout simplement pas un mais plutôt un essaie/pamphlet politique qui crée des ouvertures et qui mérite d’être lu.

Ce que nous pouvons en déduire :

Des groupes comme la LCR ou SUD-RAIL en ne regardant que les actes de sabotages ont voulu se démarquer d’une mouvance « plus à gauche », plus « révolutionnaire » qu’eux ne peuvent l’être : eux n’usent d’aucune forme de violence ; ils pétitionnent, manifestent, et de temps à autre usent de la grève, mais en aucun cas jamais n’utilisent le sabotage comme outil de lutte…. ; mais surtout, par leurs déclarations, ont voulu montrer pattes blanches, le politiquement correct de leurs groupes (politique et syndical) aux medias et à ce que l’on appelle couramment l’« opinion publique ».
 Le problème posé par ce rejet « sans concession » du sabotage, et donc de l’importance démesurée donnée à cet acte amène à oublier ce qui se cache derrière. Plusieurs points:

1/ que les personnes arrêtées sont, jusqu’à preuve du contraire, innocentes – et pour l’instant absolument rien ne peux prouver leur culpabilité ; bien au contraire. Car ce n’est pas avec du matériel d’escalade, des horaires de trains et un livre qu’ils vont pouvoir justifier de la culpabilité des inculpés. Les personnes épris de justice devraient essayer de s’en rappeler…

2/ que ces personnes étaient en fait suivies depuis plusieurs mois. Les raisons de ces filatures ? La réponse : leurs idées politiques ! Tout simplement…trop simplement…

Ces personnes n’ont donc pas été arrêté pour actes de sabotages mais bien pour leur appartenance à une « mouvance autonome », cette mouvance dite « ultra-gauche » qui est une pure construction de « nos » dirigeants dans le but de bâillonner tous ceux qui souhaitent lutter contre les politiques antisociales. Tous ceux épousant des volontés révolutionnaires ! Les politricks fabriquent des images de terroristes pour détraquer le regard de la population sur ces individus qui tentent de mettre en pratique leur théorie. Aujourd’hui des « « ultragauches » », demain il suffira de se revendiquer anticapitaliste (comme le fait la LCR et le NPA par exemple), après demain…

Tout cela est possible par les lois dites « anti-terroristes », qui sous couvert de « sécurité », n’ont pour but que de contrôler la population, et qui, malheureusement, ne sont pas rejetées par assez de personnes.

L’usage de cet outil de lutte que représente le sabotage peut être discuté entre nous mais ici le problème est plus grave : en 2008, sous le règne sarkozyste, on enferme des individus pour leurs idées politiques[4] ! Après Jann-Marc Rouillan qui a été remis en prison pour avoir donné un entretien au journal L’Express, le gouvernement, à travers ses chiens de gardes, fait arrêter des individus qui ont adopté un mode de vie qui soit aussi mode de lutte - politique de l’insurrection locale contre la gestion globale. Cela n’est pas tolérable. Nous devons tous faire bloc derrière ces personnes – faire abstraction de nos divergences – et les soutenir sans aucune réserve ni contrepartie[5]. Sinon il ne faudra pas venir pleurer lorsque des syndicalistes ou militants politiques plus réalistes se retrouveront eux aussi derrière les barreaux…

LIBÉRATION IMMÉDIATE DES PRISONNIERS !

SOUTIEN AUX PRISONNIERS POLITIQUES

USONS DU SABOTAGE COMME OUTIL DE LUTTE

Pour ceux qui le souhaitent il est possible de signer une pétition sur le site de soutien aux inculpés : http://www.soutien11novembre.org/index.php?option=com_content&view=article&id=22&Itemid=17

Pour les toulousains :

SAMEDI 29 NOVEMBRE 14 Heures

Rassemblement devant le monument de la Résistance, Allées Frédéric Mistral




[1]   Je vous renvoie à la brochure d’E. Pouget, “Le Sabotage” facilement trouvable sur la toile.

[2]   Téléchargeable librement : http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf  ATTENTION toute possession de cet ouvrage implique, de la part des représentants de l’ordre, une affiliation avec le monde terroriste…a vos risques et périls… (Semi-humour… un maximum de monde devrait le placer dans sa bibliothèque)

[3]     http://www.lafabrique.fr/chronique.php3?id_article=324
http://www.lafabrique.fr/article_livres.php3?id_article=215

[4]    Cette phrase est plus que contestable. En effet il existe déjà des prisonniers politiques en France. Pas besoin de Sarko pour cela. Je pense notamment aux prisonniers basques, mais aussi aux membres d’Action Directe et bien d’autres encore…

[5]    Il existe un comité de soutien : http://www.soutien11novembre.org/

 

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Par sociomasques le 28 novembre, 2008 dans Non classé

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