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20 janvier, 2009

Citation

I

Le Parti Imaginaire est la forme particulière qu’assume la Contradiction dans la période historique où la domination s’impose comme dictature de la visibilité et dictature dans la visibilité, en un mot comme Spectacle. Parce qu’il’ n’est d’abord que le : parti négatif de ta négativité, et parce que la sorcellerie du Spectacle consiste, faute de pouvoir les liquider, à rendre invisibles en tant que telles les expressions de la négation – et cela vaut aussi bien pour la liberté en acte que pour la souffrance ou la pollution -, son caractère le plus remarquable est justement d’être réputé inexistant ou, pour être plus exact, imaginaire. C’est pourtant de lui, et exclusivement de lui, que l’on parle sans discontinuer, puisqu’il est ce qui chaque jour fait un peu plus visiblement défaut au bon fonctionnement de la société. Mais on a garde de prononcer son nom – pourrait-on prononcer son nom, de toute façon? -, comme on craignait d’invoquer le Diable. Et en cela, on fait bien: dans un monde qui est si manifestement devenu un attribut de l’Esprit, l’énonciation a fâcheusement tendance à devenir performative. Inversement, l’évocation nominale, ici même, du Parti Imaginaire vaut aussi bien comme son acte de constitution. Jusqu’à présent, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il soit nommé, il ne pouvait être plus que ce qu’était le prolétariat classique avant de se connaître comme prolétariat: une classe de la société civile qui n’est pas une classe de la société civile, qui en est plutôt la dissolution. Et en effet, il ne se compose à ce jour que de la multitude négative de ceux qui n’ont pas de classe, et ne veulent pas en avoir, de la foule solitaire de ceux qui se sont réappropriés leur non-appartenance fondamentale à la société marchande sous la forme d’une non-participation volontaire à celle- ci. Dans un premier temps, le Parti Imaginaire se présente donc simplement comme la communauté de la défection, le parti de l’exode, la réalité fuyante et paradoxale d’une subversion sans sujet. Mais cela n’est pas plus son essence que l’aube n’est l’essence du jour. La plénitude de son devenir est encore à venir et ne peut apparaître que dans son rapport vivant avec ce qui l’a produit, et qui maintenant le nie. «Celui-là seul qui a vocation et volonté de faire naître le futur peut voir la vérité concrète du présent» (Lukàcs, Histoire et conscience de classe).

 

 

Thèse I du Parti Imaginaire dans « Thèses sur le Parti Imaginaire », Tiqqun (Organe conscient du Parti Imaginaire) nº1

 

Ce texte est téléchargeable sur le site http://www.bloom0101.org/, on y trouve l’intégralité des 2 numéros de Tiqqun ainsi que d’autres textes.

Par sociomasques le 20 janvier, 2009 dans Citations
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9 janvier, 2009

Résolutions ?

Ça y est. Les festivités de fin d’année sont terminées, une nouvelle année se dessine. Ce moment donne lieu à l’habitude coutumière des résolutions… mais préférons remplacer le S par le V…parce que…

Parce que la Res Publica a troqué la raison contre la bêtise.
Parce qu’elle promotionne les politricks, ces idéologues de l’hypercapitalisme, ces doxosophes sans consciences, pour passer sous silence ceux qui pourfendent ses piliers, qui ne se contentent pas des apparences, les « dé-constructeurs » du visible, les raconteurs de l’indicible, ceux qui savent encore ce que parler veut dire.
Parce qu’ON nous parle d’égalité alors que les lois et les logiques capitalistes creusent le fossé entre les riches et les pauvres. Ils appauvrissent les plus pauvres pour enrichir les plus riches.
Parce que la dichotomisation de la société engendrée n’a pas empêché le capitalisme de moyenniser la société, permettant de générer une contestation dans le système et non du système.
Parce que la liberté des uns ne s’arrête pas là où celle des autres commence. Oui, nous appelons à s’extirper  de ce principe bourgeois. La liberté enfermée dans un enclos est un non-sens. La liberté des uns commence ou celle des autres commence. Elle se construit ensemble et se partage.
Parce que l’École nous apprend à penser dans le système et, comme toutes les prisons, punit tous les agités qui voudraient penser le système, ses dysfonctionnements voir dé-naturaliser le système. L’École est une institution normative, créant des individus conforment à la pensée, à l’idéologie, à la doxa dominante ; construisant des individus seulement aptes à un avenir professionnel.
Parce que la société a réussi à créer des individus sans consciences, soucieuses de leurs seules apparences externes, douées d’une frénésie consommatrice permanente.
Parce que les dominés s’approprient les codes des dominants.
Parce que le sarkozysme a empli les esprits.
Parce que le mode de vie du « jeune cadre dynamique » est abject. De leur existence né l’inexistence, ils pensent vivre en voulant être partout à la fois, des imbéciles ne sachant pas s’ennuyer et voulant tout, tout le temps. Ce mode de vie a envahit les esprits favorisant l’idéologie bourgeoise capitaliste.
Parce que la lutte des classes est toujours d’actualité.
Parce que le technologisme est Biopouvoir.
Parce que la voiture écologique est une impasse. Tout comme le développement durable est Spectacle.
Parce que le capitalisme même vert restera capitalisme et donc destructeur de l’humanité. Exploitation de l’homme par l’homme, des riches sur les pauvres, du Nord sur le Sud. Arrêtons de vouloir réformer le capitalisme avec des grenelles, des économies pseudo-solidaire, et autres âneries.
Parce que la vie capitaliste est destructrice, mortifère ; le moment est venu d’abolir cette idéologie nauséabonde.
Parce que ce n’est pas l’économie qui est en crise mais l’économie qui est la crise.
Parce que la dette est une illusion pour que nous acceptions la mise en place de politiques antisociales. L’argent né de la dette, la dette est l’argent. Les banques pendant ce temps s’enrichissent en nous faisant passer à la caisse. L’argent lui aussi demande à être détruit.
Parce qu’en réclamant du travail nous réclamons l’exploitation. Arrêtons de chercher du travail,  rejetons l’esclavage moderne. Il est temps de vouloir vivre. À l’idéologie du « travaillez plus pour gagnez plus » nous opposons donc le « travaillez moins pour vivre mieux », et réclamons le droit à la paresse.
Parce que tous les métiers ne doivent pas être défendus (ni sauvés) mais que tous les dominés doivent, eux, être soutenus sans relâche contre les exploiteurs.
Parce que nous sommes, et nous revendiquons, « agités du bocal ».
Parce que révolutionnaire ; Parce que autosnomos.
Parce que nous voulons abolir le pouvoir. Le pouvoir appartient à tous ou n’est pas. All power to the people.
Parce que sous couvert de « sécurité » nous avons accepté des lois antiterroristes qui ne sont en fait que des lois liberticides permettant de qualifier de terroriste tout critiqueur du système, de pénaliser l’anticapitalisme et tous ceux qui tentent que leurs modes de vie soient modes de luttes.
Parce que les élections sont une grande farce (médiatico-politique) qui n’ont pour seul but que de faire miroiter une dêmos krátos où les agents sociaux se croient libres. L’électoralisme de partis se revendiquant révolutionnaires est donc un non sens, une erreur, favorisant la justification de cette mascarade.
Parce que domination des « représentants » sur les « représentés », au bulletin de vote nous opposons le pavé.
Parce qu’au coup de poing nous répondons par le coup de pied.
Parce qu’il est temps d’arrêter de chanter et de commencer à danser. By Any Means Necessary.
Parce que pour un bout de papier qui manque, ON tue des individus en les expulsant vers des pays qu’ils ont quitté non par plaisir mais par nécessité.
Parce que sans ce bout de papier nous devenons des sous-hommes.
Parce que le moment est venu d’ouvrir les portes des prisons, des centres de rétention et des hôpitaux psychiatriques.
Parce que…
Parce que de la destruction né la création.
Parce que nous refusons de voir la réalité telle que l’ON nous la montre.
Par conséquent nous appelons à la reconquête des esprits dans l’espoir [but] de détruire la machine capitaliste.
Oui pour tout cela et pour tant d’autres choses encore, plus que de réSolutions besoin de réVolutions…ou plutôt  d’INSURECTIONS.

insurection.jpg

 

 

 

Par sociomasques le 9 janvier, 2009 dans Non classé
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