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11 mai, 2008

Autodétermination des peuples : un droit « égal » pour tous ?

Il existe un droit – fondamental – celui de l’autodétermination des peuples. Dans le pays dits des droits de l’Homme, ce droit ne peut qu’être défendu – normalement….
Les derniers temps nous avons pu voir/lire l’importance de ce droit pour certains peuples, que ça soit les albanais du Kosovo ou les tibétains. Tout peuple a le droit à l’autodétermination, à l’autonomie ; mais en y regardant de plus près il semblerait que cette autonomie ne soit pas valable pour tous les peuples.
Comme les kosovars, dont la proclamation unilatérale d’indépendance fut reconnue et soutenue par la plupart des pays occidentaux, les tibétains est le peuple à soutenir en ce moment.

Il faut donc soutenir le peuple tibétain contre (le soi-disant) oppresseur chinois. RSF étant le premier, le plus médiatique, de ceux qui réclament l’indépendance du Tibet et l’arrêt des « massacres », cela à coup d’actions médiatiques et en menaçant le bon déroulement des jeux olympiques de cet été – jusqu’à en appeler au boycott. RSF, en tête, donc, d’une croisade contre l’oppresseur chinois et le totalitarisme de la République Populaire de Chine. Il peut être intéressant de savoir pour qui « travaille » Ménard – RSF reçoit des fond de la NED, « filiale » de la CIA, pendant que Ménard s’affiche avec l’extrême droite cubaine de Miami – cela pour mieux comprendre la démarche de Reporters Sans Frontières. Mais je préfère vous renvoyer aux écrits de M.Vivas par exemple (certes lui, ou d’autres se trouvant dans la même démarche, parle le plus souvent de RSF en rapport avec de la propagande « anti- » à l’encontre du Venezuela ou de Cuba). La campagne du patron d’RSF en soutient au Tibet n’est qu’une façade pour déstabiliser la Chine qui, aux yeux de certains chefs d’états, Bush(-rie) en tête, semble prendre trop d’importance au niveau économique ; l’hégémonie de certains prenant un coup. D’ailleurs la demande d’indépendance du Tibet par Ménard et sa clique d’RSF peut paraître déstabilisante lorsque l’on sait que le Dalaï-lama lui-même a renoncé à l’indépendance pour lui préférer l’autonomie !? Mais je préfère ne pas pousser la réflexion sur le « conflit » opposant la Chine et le peuple tibétain considérant ne pas posséder assez de cartes entre les mains pour prétendre l’expliquer.

Néanmoins je demanderai à toute personne soucieuse de comprendre ce conflit, mais aussi tout autres phénomènes sociaux, de ne pas s’arrêter aux images et aux dires de nos médias occidentaux. Il est important d’essayer de se poser quelques questions essentielles, des données importantes et/ou indispensables à la compréhension de tous phénomènes socio-politiques, cela pour ne pas tomber dans une analyse fallacieuse car trop hâtive et préconstruite. Dans le cas du Tibet, par exemple (et cela non-exhaustivement), avant de pouvoir « juger », ou plutôt émettre un avis, une opinion, il faut connaître un minimum l’histoire du peuple tibétain, de son gouvernement en exil, de la non reconnaissance d’un Tibet indépendant par le pays accueillant ce gouvernement ou des versements de la NED effectué sur le compte en banque du dalaï-lama. Mais aussi des violences racistes commis par les tibétains « indépendantistes », lors des échauffourées de début mars, à l’encontre des Hans (chinois) et des Huis (musulmans), en fait de tout – en tant qu’entité – ce qui n’était pas tibétain (ce qui comprend donc les bâtiments). Tout autant que connaître un peu le groupe Reporter Sans Frontière et son directeur Ménard, ainsi que les relations politico-économique de la Chine avec les « grandes puissances ». Vous comprenez que les événements du Tibet peuvent être vu de différentes manières suivants les connaissances que l’on a dans le domaine, mais surtout suivant ce que l’on veut bien percevoir/voir. Attention donc aux idées préconçues.

Mais allons un peu plus loin sur le droit à l’autodétermination des peuples. En regardant bien nous nous apercevons que ce droit n’est pas égal pour tous. Les albanais du Kosovo y ont donc droit pendant que les kurdes se battent pour un rêve ou que les tchétchènes meurent dans l’indifférence. Le Tibet peut y prétendre, la cause internationale s’en émeut mais oublie les ouïgours, malheureusement pour eux turcophone et musulman, oublie aussi que l’Irak vit toujours sous le joug américain pendant que le peuple palestinien, lui, continue d’avoir comme seul droit celui de mourir sous les balles israéliennes. La cause tamoule, elle, semble inexistante.
En Afrique, le Sahara occidental continue d’être occupé par le Maroc, les touaregs d’être considérés comme une guérilla et le peuple du Kivu meure dans l’indifférence sans que les médias occidentaux daignent prendre le temps de s’y intéresser. L’Afrique, en général, subit un dirigisme, un totalitarisme de la Mafiafrique qui ne veut prendre fin.
En Amérique latine, les régions riches de Bolivie ont le droit – et le soutien de la première puissance mondiale – de réclamer leurs autonomies voir l’indépendance, la bourgeoisie du Venezuela de fomenter un coup d’État pendant que le peuple mapuche désintéresse et continu d’être méprisé et violenté ou que les forces armées révolutionnaires de Colombie sont traquées et assassinées avec acharnement. Le peuple cubain quant à lui reste soumis à un embargo impérialiste.
En Europe, pendant qu’il torture les membres de l’ETA, le gouvernement espagnol troque plus d’autonomie à la Catalogne. L’Éire [Irlande] à eu droit à son indépendance pendant que sa compagne du nord et l’Alba [Écosse] continue de subir le dictat anglais.
La Corse quant à elle, semble devoir continuer à rêver.

Mais que les choses soient claires : nous soutenons tous les peuples opprimés et leurs apportons un soutien moral dans leurs luttes pour l’autonomie – au sens large du terme – mais appelons à nous méfier de certains séparatismes.

Pour finir, pour ceux qui douteraient de nos propos sur la différence de traitement politico-médiatique des droits des peuples opprimés, il nous suffit de prendre constat des événements des derniers mois.
Le 10 mars à Lhassa, pour s’étendre les jours suivant dans d’autres villes du Tibet, des centaines d’individus manifestent pour commémorer le soulèvement de 1959. Le chef du gouvernement tibétain en exil, le dalaï-lama, appelle Beijing à la retenue tout en annonçant 80 morts chez les émeutiers. Les médias internationaux relayent l’information autant qu’ils le peuvent. Le tapage médiatique nous appelle à nous sentir tibétains. Près de deux mois après ils en parlent encore.
Quelques semaines plus tôt, du 24 au 28 février, autre continent. Dans plusieurs villes du Cameroun, Douala et Yaoundé notamment, a eu lieu des manifestations qui tournèrent à l’émeute. Le gouvernement de Biya réprime violemment et sanguinairement les émeutiers. On parle de plus d’une centaine de mort. Du côté des abêtisseurs, black-out totale. Les camerounais peuvent continuer d’être assassinés en silence…
Les droits des peuples opprimés n’ont pas les mêmes intérêts aux yeux des impérialistes occidentaux.

Par sociomasques le 11 mai, 2008 dans Non classé
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Fidel CASTRO passe le flambeau ou l’anachronisme vivant.

Fidel passe le flambeau. Cet « anachronisme vivant » tire sa révérence à 81 ans. Les médias se « lâchent » et peuvent parler de la fin du Tyran.

 Cet assassin sanguinaire, 7ème fortune mondiale d’après Forbes, ne dirigera plus l’île après 49 ans de pouvoir dictatorial. On peut espérer que, enfin le gouvernement transitoire mette un terme à dictature cubaine. Les cubains vont enfin pouvoir gouter à la démocratie et à la liberté. Les dirigeants occidentaux se réjouissent de cette décision, que se soit pour Fillon, Jouyet ou le PS ou même Bruxelles qui espère voir, par cet acte, une avancé démocratique et la mise en place du pluralisme. Nous pouvons imaginer ou disons ressentir, grâce à nos médias français, la joie des opposants cubains et bien sur l’espoir que suscite la décision du dictateur. Washington aussi a accueilli avec plaisir la fin du règne sanguinolent de Fidel Castro – eux qui n’ont jamais réussi à l’assassiner malgré plusieurs centaines de tentatives – et ce malgré que le pouvoir revienne à Raúl Castro – le frère du monstre. La fin du castrisme n’est pas tout à fait à l’ordre du jour, et, comme le dit si bien dans son édito Pierre Rousselin, « les Cubains sont encore loin de connaître des lendemains qui chantent ». C’est pour cela que l’opposition cubaine réclame une accélération du processus de transition et que Washington maintien son embargo contre le « goulag tropical ». Mais Georges W. Bush avertit, il ne va pas falloir se tromper et ne pas privilégier la stabilité à la démocratie. Un espoir est en train de naître…

Malgré ce jour de demi-fête quelques questions se posent :

- Qu’est-ce que les journalistes appellent l’opposition cubaine ?

- Qu’est-ce que nos différent dirigeants, ministres, etc. appellent « démocratie » ?De plus si nous parlons de démocratie nous nous devons de nous demander si le régime cubain est bien une dictature ?

- La fin annoncée de la « dictature » castriste signifie-t-elle la fin de la révolution cubaine ? ou dit autrement, la révolution cubaine n’existe que parce que par le charisme de Fidel, que parce qu’il détient le pouvoir ?

Se poser ces 3 questions c’est déjà vouloir comprendre la problématique cubaine et ne pas se satisfaire du traitement médiatique et politique que nous connaissons et subissons. Ce sujet nécessite bien sur plus de 3 questions mais cela permet, à mon avis de (se) donner une 1ère approche – approche (pourtant) journalistiquement « utilisable ».

Je me dois d’écrire quelques éléments de réponse :

L’opposition cubaine. Il suffit de lire ou écouter/regarder correctement – j’avoue ne pas vraiment connaître les journaux télé mais j’imagine très bien le traitement journalistique réservé à Cuba – pour s’apercevoir que ces exilés vivent à Miami – Aucun opposant ne vit à Cuba ? Miami, Fief de l’extrême droite cubaine, nostalgique de l’ancien dictateur Fulgencio Batista et financé en grande parti par Washington. Ce sont des groupes d’opposition lié à de grands terroristes tels que Luis Posada Carriles. Ne pourrait-on pas avoir l’avis d’une opposition cubaine qui ne soit pas à la solde des États-Unis, et vivant à Cuba ? De même connaître les réactions, l’avis de cubains ? comment pourrait-on croire que tous les cubains veulent la mort de leur révolution ?
[Les faits avancés ici sont bien sur avérés et pour qui veut approfondir le sujet je vous conseille vivement la lecture d’un des spécialistes français sur Cuba, Salim Lamrani]

Réfléchir à la notion de démocratie est très intéressant mais peut être très long. Pour ce qui est de nos dirigeants occidentaux nous devinons très bien ce qui se cache derrière ce terme, ils n’attendent que la mise en place d’une « démocratie de marché », n’en doutons point. Néanmoins il est très intéressant de nous demander ce que signifie la démocratie. Quels principes pouvons-nous accoler à ce terme ? La démocratie est elle une notion figé ou au contraire en perpétuel mouvement, dépendant de l’époque et du lieu ? Parler de démocratie platonicienne revient-il à parler de démocratie française ?
[Vous pouvez lire le texte de Lázaro Barredo Medina « ¿De cuál democracia estamos hablando? »]

Enfin, que ce soit les différents dirigeants ou les (pseudo-)journalistes, tous semblent convaincus que la « mort politique » de Fidel en dépit de sa vrai mort, mettra un terme à sa soit disant dictature. Mais c’est oublié que la révolution fut cubaine et non castriste. Ce sont les même qui traitaient Cuba de satellite soviétique et qui ont prédit la chute du régime communiste lors de l’effondrement de l’Union Soviétique. Pourtant, et malgré le renforcement du blocus, Cuba est toujours debout. Les cubains peuvent-être fiers. Fiers d’êtres toujours debout malgré les nombreuses pressions économiques, les attentats qu’ils subissent. Fiers de résister depuis près de 50 ans à la 1ère puissance mondiale – et de leurs collabos que sont les autres pays occidentaux, Europe en tête. Fiers de pouvoir proposer malgré tout cela un système de santé et d’éducation gratuit et de haute qualité.
[Vous pouvez lire le texte de Lázaro Barredo Medina « ¿Cuál es la transición? ¿Perder la identidad? »]

El commandante Fidel Castro n’a fait que ce qu’il n’a toujours dit : « le jour où je n’aurais plus la capacité de gouverner je quitterai le pouvoir. ». C’est chose faite. La révolution, elle, suit son cours.


« Chaque année 80’000 enfants meurent victimes de maladies curables, aucun d’eux n’est cubain »
« Cette nuit 200 millions d’enfants dormiront dans les rues du monde. Aucun d’eux n’est cubain »

Par sociomasques le 11 mai, 2008 dans Non classé
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26 avril, 2008

Présentation du BLOG et de ses objectifs.

Nous désirons que ce blog soit un véritable lieu de pensée et de réflexion.

Nous espérons que l’analyse critique et dé-constructive des phénomènes sociaux que nous exposerons au fil des articles , permettra au lecteur d’appréhender le monde social de manière différente, avec plus de réflexivité et de compréhension quant à la complexité de tous les processus économiques et sociaux.

Notre réflexion s’inscrit dans le courant de la sociologie critique, c’est à dire une remise en cause de tout objet observé et observable dans le but de mieux dé-construire le discours de la doxa, l’ordre dominant. « Le sociologue est quelqu’un qui fait des recherches pour armer la critique de la domination avec les outils de la science », dixit Laurent Bonelli.

Nous appelons ici à utiliser la critique pour étudier le monde social environnant. Durkheim nous a appris à écarter les prénotions ; à nous de remettre en cause notre mode de pensée, nos structures cognitives et institutionnelles. C’est ce qui nous parait évident et fondamentalement nécessaire de faire en cette période socio-politico-économique marquée par une privation des libertés individuelles, une censure sur toutes formes de réflexion intellectuelle, une volonté d’uniformisation de la pensée, la dichotomisation de tout phénomène sociale en deux camp : le bien et le mal, et plus grave encore l’exacerbation de toute forme de différences : ethnique, religieuse, politique,….

Nous vous souhaitons une bonne lecture et surtout une réflexion fertile…

Par sociomasques le 26 avril, 2008 dans Presentation
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Lettre ouverte à la République ou appel à la réflexion.

République, on aimerait tant que ta devise « liberté, égalité, fraternité » ne soit pas qu’une belle promesse. Excuse nous si on a du mal à y croire quand on voit le degré de dégradation de tes belles provinces. Autour de nous, on voit une discrimination bien trop forte et une réussite bien trop mince. Tes promesses d’ascension sociale crée la frustration chez tant de personne. Les beaux discours dilués dans la bouche de tes représentant, sonnent faux dans nos oreilles et n’atteignent aucunement nos cerveaux d’hommes conscients. Tes disciples veulent nous transformer en allier, en pion ou en soldat de plomb, à une cause n’est et ne sera que l’outil de notre propre perdition.

République, on se déclare solennellement simples adversaires de tes disciples que l’on considère être des oppresseurs qui nous enserrent dans le but de parasiter nos esprits. Des aujourd’hui on s’engage de manière sincère à cracher nos mots acerbes qui feront l’effet d’une averse sur les cerveaux non avertis, afin de laver ces neurones d’une propagande nauséabonde mais trop souvent fertile. On n’a pas le droit de rester là les bras croisés. Parce qu’on a les capacités de dénoncer, de montrer les vices et de construire les rouages de notre société – car c’est bien la notre, on la légitime tous les jours par nos agissements hypocrites. Dés aujourd’hui on se doit d’éduquer notre entourage, de leurs donner les clés à la compréhension de leur comportement en augmentant leur pouvoir de réflexivité. Mais en aucun cas on ne doit croire ce que l’on pense, la remise en cause de nos idéaux est notre meilleur façon d’évoluer, de façonner notre esprit critique. On doit tout remettre en cause, ne pas se satisfaire d’idées préconçues, afin d’aboutir à l’abstraction de toutes les prénotions.

République, malgré nos cartes d’identité, on ne représente aucune adresse, on se considère comme des apatrides s’adressant à tous et défendant une cause universelle.

République, on a été déçu de voir que tu laisses s’inscrire sur tes listes, des disciples qui agitent la foule avec des politiques douteuses et populistes. Toux ceux qui souhaitent pénaliser la misère et disciplinariser nos esprits. Tu prône l’avènement d’un état ultra- sécuritaire, qui loin d’être sécurisant crée le sentiment d’insécurité chez beaucoup de tes gens. Mais on a compris que la peur est marchande, l’atteinte à nos libertés individuelles par la vidéo surveillance, fournit un salaire à nombreux de tes dirigeants. Big Brother nous regarde, alors doit-on sourire ou pas devant la caméra ?

République, tes disciples parlent de gènes criminogènes et de cultures fragiles, à un peuple en léthargie statique comme une statue d’agile. On eu beaucoup de peine et encore plus d’incompréhension quand on a comprit que tu stigmatisais une part de ta population dite « citoyenne », quand tu dressais entre Fatima et Marianne une cloison mitoyenne. Tu oublis trop souvent que ce sont aussi tes enfants qui habitent en périphérie de tes villes, ça ne nous fait pas rire quand tu les accuses de mettre tes valeurs en péril. Tu dis ouvertement qu’ils sont responsables de tous les maux de la société et qu’ils incitent à la révolution civile, quand tu transformes leurs revendications sociales en prétendue guérilla urbaine, avec des arguments si vils. On a vue tes disciples se disant républicain, tisser avec acharnement sur l’hexagone la toile de l’intolérance. On a vu la façon dont ils traitaient certaines minorités religieuses.

Avec des lois assimilationnistes comme à l’heure de tes zoos humains et tes anciens manuels scolaires coloniaux, il n’est pas loin l’essai sur l’inégalité des races de Gobineau.

Ça nous fait mal de voir certaines idées rances refaire surface, comme ces tristes calomnies sur la prétendue suprématie des valeurs occidentales. Tes disciples étant devenu des experts en blanchiment d’argent, ont-ils décidé de se remettre au blanchiment de l’histoire ?

République, on se sent obligé de te dire que l’inconscient colonial persiste encore sur des cerveaux terrorisés et que beaucoup se pensent homme-libre, alors qu’ils ont encore l’esprit colonisé. Où figurent ces crimes bâillonnés par l’histoire ? On ne les a pas vu symbolisés par des statues au cœur de tes villages et encore moins dans tes institutions gravés sur des plaques de marbre. Par contre, on a vu en se promenant dans tes bibliothèques, des traces de ton passé infâme et déshumanisant pour tant de peuple, que certains de tes disciples qualifient de prestigieux et de civilisateur, racontés dans de nombreux ouvrages où les musulmans sont décrits comme des sauvages et les noirs comme des anthropophages. République, pourquoi ne voit tu pas dans les différences une chance de t’enrichir, ton réservoir mental est-il a ce point rempli de préjugés racistes ?

République, où est la liberté de parole dans ta démocratie muselée ? Tu donnes du pain racit aux citoyens et pour éviter la grogne tu te contentes de les amuser. Pourtant, on travail et on se tue à la tache, mais comme les corbeaux sont voraces bien trop maigres est notre butin.

Toute façon, on sait que tes disciples à la tête de ton système ne sont que des pantins. Ils nous promettent monts et merveilles pendant que t’organises notre spoliation. Tu t’étonnes encore que l’on n’aille pas dans tes urnes sentir l’odeur aigre des bulletins. Tout ça n’est qu’une grande mascarade, qui combine l’illusion d’un droit chèrement acquit par nos anciens et l’illusion encore plus grande d’une liberté de choix du scrutin. Ne nous parle pas de vote blanc, on ira aux urnes quand le bulletin sera noir, pour l’instant on préfère de loin jouer les abstentionnistes aux abois. Tu nous as peut être vue dans tes rues manifester pacifiquement, en agitant des banderoles aux slogans emprunt d’humour, pour contester les reformes de tes gouvernements. Mais face aux provocations et aux violences aveugles de tes milices repressionnistes, c’est désormais dissimulé sous des keffieh et armé d’une plume que l’on avancera déterminé contre ton progrès illusionniste. On veut faire baver de rage les réactionnaires et leurs idées retardataires à coup d’encre en guise de grenade. Tu as voulus nous faire croire à l’illusion de la citoyenneté participative et de la gouvernance, mais en réalité on a vu que sous tes habits d’une démocratie athénienne se cachait une dictature fascisante. Alors, on déclare que l’on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour ensabler les rouages de ta gouvernabilité, de la résistance intelligente, à la lutte emprunt d’habilitée.

République, les valeurs que tu prônes ne sont pas les notre, à l’individualisme méritocratique on préfère de loin l’entraide et la solidarité collective. Où sont la charité et le partage dans ton système égoïste et austère pour les pauvres et les déshérités ? La misère est galopante au milieu de l’opulence de parias, tu t’étonnes encore que le soulèvement s’élance d’un nouveau lumpen-prolétariat? Sache que le goût amer de la vie est le lit des plus nobles révolutions, n’entends-tu pas déjà les échos du chaos et le souffle de l’ébullition.

République, ton pouvoir créa la corruption et le peuple s‘en accommodât, mais on en a assez de te voir te nourrir exclusivement de pot de vin avec une telle audace. Ta l’air vicieuse dans l’air vicié du temps, on déclare avoir suffisamment entendu de tes discours prétentieux, truqué et manipulateur en toute circonstance. Aujourd’hui, on va clamer haut et fort que tes promesses ne sont que sont du vent, comme la mondialisation libéralisante prétendue irréversible que tu vends. Dans le freinage de la pensée on n’a pas confiance, encore moins dans l’engrenage vers le développement d’une science inconsciente. Tu danse avec le feu quand tu prônes la croissance à outrance et met la survie de la plante en déficience.

République, aujourd’hui on déclare ne plus avoir confiance en tes chiens de garde chargés de nous désinformer. Ceux qui diffusent en prime-time des idées basées sur des mensonges afin d’étouffer toutes formes de vérité. Les médias audiovisuels et écrits fabriquent chaque jour un peu plus des cerveaux effrités, totalement dépolitisés, des simples consommateurs 24 heures sur 24 disponibles à la publicité. Ces manipulations mentales se diffusent sur écran ou sur panneau d’affichage, en rongeant un peu plus, les espaces public qui sont la propriété de tous et pas seulement de ces firmes infâmes. Nous allons nous ré-approprier cet espace afin de nous ré-approprier les outils de diffusion de la connaissance et de la transmission des savoir.

République, on déclare que la frénésie de la possession est le fanatisme moderne, quand l’hystérie de la consommation nous pousse au consumérisme de merde. Ton souhait est de nous voir marcher dans les rangs aligner, alléché par l’appât du gain, jusqu’à en devenir aliéner. Tu veux nous enchaîner à un boulot qui nous servira de boulet et à un crédit qui nous servira de camisole. Pas question de nous faire saigner à blanc par les clauses d’un contrat que l’on serait con de signer. Car sans possibilité de mobilité, au bas de l’échelle sociale on serait consigné, parfaitement conditionné, incapable de réaliser que l’on s’est fait gruger. On resterait consterner par l’étroitesse d’un budget, qui ne peut assumer l’ensemble ces produits manufacturés, complètement inutiles, mais qui deviennent vite des besoins nécessaire et de plus en plus fortement facturé.

République, tes disciples parlent constamment de droits de l’homme, de respect des peuples et d’éthiques, alors qu’ils fabriquent des armes pour alimenter les guerres ethniques. Devant l’état du tiers monde devenu bien plus qu’alarmant, on est prit de nerveux tics, quand des industrielles comptent leur fric à l’ombre de silhouettes d’enfants squelettiques. On ne comprend pas pourquoi tu es resté et restes encore immobile devant tant de génocide auquel tu assistes. Ne voit tu pas que le sang d’innombrables innocents coule sur ton drapeau taché. Une chose est certaine quand tes disciples nous invitent à leur table ils mettent du poison dans le pichet.

République, notre lutte n’a de meilleure arme que notre stylo. L’encre doit couler. On va agir, avant que l’on ne soit contaminé par la fièvre du défaitisme. Si, on peut et on pourra toujours changer le cours des choses. Ça ne sera pas simple. Le désespoir plane sur nous, s’appuie sur nos épaules pour nous affaisser mais on ne doit pas céder, tomber à genoux, s’arrêter sous prétexte d’un chemin trop dure et trop pesant. Plus que la croyance c’est bien le savoir, qui nous permettra de s’affranchir du désespoir, de la désillusion. « Ce n’est pas le chemin qui est difficile mais le difficile qui est chemin » dixit Kierkegaard. Levons-nous, combattons car le silence serait une erreurCeci est un appel à la REFLEXION!

Par sociomasques le 26 avril, 2008 dans Non classé
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